JVE-Niger

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mardi 9 août 2016

YALI Dakar : mon histoire

Le mercredi 18 mai devait être une journée comme les autres : me lever et aller au travail. Mais ce jour-là, un courriel est venu bouleverser ma routine. J’apprenais que ma candidature pour participer à la toute première cohorte du Centre Régional de Leadership (CRL) YALI Dakar avait été retenue.

Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, cette annonce ne m’a pas immédiatement rempli de joie. Elle a plutôt suscité le doute. Malgré mes années passées loin de mon pays et mes nombreux voyages, l’idée de partir cinq semaines me faisait peur : laisser mon travail, mes élèves à l’approche des examens et surtout m’éloigner de celle qui occupait une place toute particulière dans mon quotidien.

Après mûre réflexion, j’ai finalement choisi de saisir cette opportunité unique et de répondre présent à cet appel, sans savoir qu’il allait profondément transformer ma vie personnelle et professionnelle.

Le 28 mai, jour du départ à l’Aéroport international Diori Hamani, j’ai fait la connaissance des quatre autres jeunes Nigériens qui, comme moi, avaient répondu à l’appel de notre chère Afrique. Cinq jeunes leaders engagés, animés par une même vision : celle d’une Afrique forte, prospère et émergente.

C’est ainsi que nous nous sommes envolés ensemble pour une aventure aussi enrichissante qu’inoubliable. (Bientôt, découvrez sur ce blog les portraits des cinq participants nigériens à cette première cohorte.)

Apres le décollage, nous atterrîmes à Casablanca, ou nous devions passer 6h d’escale« Notre crime est d’être homme et de vouloir tout connaitre », et le mien c’est d’être curieux et aventurier à la fois, trouvant  le temps d’attente un peu long j’ai émis l’idée de visiter le ‘’FAMEUX MOROCCO MALL ‘’, ce centre commercial dont l’architecture fait l’admiration de nombreux visiteurs. L’idée a été adoptée à l’unanimité.

Une fois sur place, nous avons eu l’impression de découvrir un autre univers. Entre l’architecture impressionnante et les vitrines des plus grandes marques, notamment Louis Vuiton, il y avait de quoi en prendre plein les yeux. Et, comme souvent dans ces moments-là, mes pensées se sont envolées vers une personne qui comptait beaucoup pour moi. Je me suis surpris à imaginer ses réactions : « J’aimerais ceci... et puis cela aussi... », fidèle à elle-même. Cette simple pensée a suffi à me décrocher un sourire 😀.

Émerveillés par cette architecture exceptionnelle et sans doute emportés par l’excitation de la découverte, nous n’avons tout simplement pas vu le temps passer. Lorsque nous avons enfin regardé l’heure, il nous restait moins d’une heure pour rejoindre l’aéroport. Une mission presque impossible, mais nous n’avions pas d’autre choix que de tenter notre chance. Après tout, peut-être que la réalité allait imiter les films.

Malheureusement, le scénario n’a pas eu la fin espérée, du moins pour nous les garçons du groupe. Par un concours de circonstances que je peine encore à expliquer, les filles de notre groupe ont réussi à embarquer, tandis que nous, les garçons, sommes restés devant la salle d'embarquement. Comme on dit chez nous, les choses commençaient plutôt mal.

Mais il fallait réagir rapidement. Pas question de se lamenter : il était temps de faire preuve de leadership, de sang-froid et de capacité d’adaptation. Une véritable course contre la montre s’est alors engagée entre les formalités à régulariser, les pénalités à payer et les appels au comité d’organisation pour les informer de notre situation.

Une fois toutes ces démarches accomplies, il ne nous restait plus qu’à prendre notre mal en patience et attendre le prochain vol à destination de Dakar.

Dimanche 29 mai 2016. Une nouvelle aube, un nouveau jour, et surtout le début d’une aventure qui allait marquer nos vies. Pour moi, comme pour tous ces jeunes venus des quatre coins du continent, c’était le moment d’apporter notre pierre à l’édifice et de contribuer à la construction d’une Afrique plus forte et plus durable.

Car j’en suis profondément convaincu : l’avenir de l’Afrique appartient aux Africains, et c’est à nous qu’il revient de le bâtir. Peu importe d’où l’on part, avec de la vision, de l’engagement et de la détermination, il est possible d’aller loin.

Et comme un symbole de cette aventure qui commençait, le destin a voulu que nous arrivions à Dakar sans nos bagages. Une manière de nous rappeler, dès le premier jour, que l’essentiel n’était pas ce que nous transportions avec nous, mais ce que nous étions venus apprendre, partager et construire ensemble.

Nous y voilà enfin : la toute première édition du CRL YALI Dakar. Cinq semaines d’apprentissage, de découvertes, d’échanges et de défis nous attendaient. Malgré les difficultés qui pouvaient se dresser sur notre chemin, une chose nous unissait tous : notre engagement pour l’Afrique et notre volonté de contribuer à son développement.

Le même jour, à peine arrivés, nous n’avons eu droit à aucun répit. Quelques heures seulement après notre installation, et avec pour seuls effets personnels les deux T-shirts YALI qui nous avaient été remis, nous avons embarqué dans un bus en direction de Saly, la célèbre station balnéaire sénégalaise, pour une retraite d’intégration de trois jours.

L’aventure ne faisait que commencer.

Le lendemain matin, 98 jeunes leaders issus de 11 pays africains se sont retrouvés dans la salle Teranga de l’Palm Beach Framissima. Jusqu’alors, je pensais parfois que mes ambitions pour l’Afrique relevaient d’un idéalisme excessif. Pourtant, en regardant autour de moi, j’ai découvert 97 autres jeunes qui partageaient la même conviction : celle de faire de notre génération celle qui contribuera à transformer durablement le continent.

Ces trois jours passés à Saly ont été bien plus qu’une simple retraite d’intégration. Ils ont marqué la naissance d’une communauté soudée, fondée sur des valeurs communes, des rêves partagés et une volonté collective d’agir. Des liens forts se sont créés, et ensemble nous avons pris l’engagement de surmonter les obstacles qui se dresseront sur notre route afin de contribuer à bâtir l’Afrique dont rêvaient des visionnaires comme Léopold Sédar Senghor et Nelson Mandela : une Afrique unie, prospère et tournée vers l’avenir.

De retour à Dakar, nous avons assisté à la conférence d’ouverture animée par le Professeur Abdoullah Cissé sur le thème : « Pour une Afrique debout, quels leaders ? ». À travers cette intervention, il nous a rappelé les défis auxquels notre continent fait face, mais surtout la responsabilité qui incombe à notre génération. Une phrase a particulièrement retenu mon attention : « Vous devez être capables d’écrire votre propre histoire en tant que leaders. Lorsque l’histoire est écrite par d’autres, ce n’est plus votre histoire. La vraie histoire, c’est vous qui l’écrivez » Ces mots ont résonné en moi comme un appel à l’action. Au CRL YALI Dakar, nous n’étions pas seulement venus apprendre ; nous étions venus commencer à écrire notre propre histoire et, à notre manière, celle de l’Afrique de demain.

Les jours suivants, les participants ont été répartis dans les trois filières du programme YALI en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs parcours : Business & Entrepreneurship, Civic Leadership et Public Management.

Pendant quatre semaines, nous avons suivi une formation intensive mêlant cours, ateliers pratiques, visites de terrain et échanges avec des personnalités inspirantes. Nous avons eu le privilège d’apprendre auprès d’experts reconnus tels que le Professeur Moustapha Guirassy, ancien ministre et président de l’Institut Africain de Management (IAM), ou encore Aliou Sow, ancien ministre de la Jeunesse. Nous avons également rencontré des entrepreneurs comme Pierre N’Diaye, PDG de Mamelle Jaboot, dont le parcours démontre qu’avec de la vision et de la persévérance, il est possible de partir de rien et réussir.

À travers leurs témoignages et leurs expériences, tous nous ont transmis une même conviction : la jeunesse africaine a le potentiel de transformer le continent.

C’est avec beaucoup d’émotion que s’est achevée la formation de la première cohorte du CRL YALI Dakar. Après cinq semaines d’apprentissage, de partage et de vie commune, la cérémonie de remise des attestations avait un goût à la fois de fierté et de nostalgie.

Je ne m’attendais pas à ce que les adieux soient aussi difficiles. À peine le temps de connaître les autres, de créer des liens et de partager nos rêves pour l’Afrique, qu’il fallait déjà se séparer. Je suis arrivé à Dakar seul, dans ma petite bulle. Je repars avec bien plus que des connaissances : je laisse derrière moi une famille, des amis et des souvenirs qui m’accompagneront toute ma vie.

Le YALI m’a offert bien plus qu’une formation. Il m’a permis de rencontrer des jeunes exceptionnels avec qui je partage désormais une histoire commune : celle d’une génération déterminée à relever les défis de l’Afrique et à construire son avenir.

L’histoire continue...

mardi 2 août 2016

L’Art de la Séduction pour les Leaders

Devenir un très grand leader, influent, charismatique, un leader que les gens aiment suivre passe d’abord par la prise de conscience sur le fait que le travail à faire sur soi est plus important que le travail à faire.
Le principe dit qu’on ne peut pas amener les gens là où nous n’avons pas été. Le charisme d’un leader passe, avant toute chose, par son niveau de percussion. Il doit être tellement bon que les gens s’exclament et disent quand ils le voient faire : «Waouh ! Qu’est-ce qu’il est impressionnant ! J’ai envie d’être comme lui». Le leader doit savoir apporter une différence unique et remarquable au point où ce sera une erreur monumentale de ne pas faire appel à lui ou lui confier des responsabilités. Les plus grands leaders du monde, d’ici et d’ailleurs, ont su travailler cela. Ils ont développé ces qualités extraordinaires qui façonnent les gens ordinaires à devenir influents et attirent les gens vers eux tel un aimant.
Développez votre capacité à ajouter de la valeur aux gens : ils puiseront aux sources de votre richesse et vous seront redevables, c’est la meilleure façon de les séduire durablement.  
Il n’y a pas de plus noble occupation au monde que d’aider un autre être humain. Ralph Waldo Emerson disait qu’on s’aide soi-même en aidant les autres. Tous les grands leaders de ce monde en ont fait un sacerdoce. Maintenant, ce n’est pas facile d’être utile ou d’aider une autre personne. Pour le faire, il y a une chose importante à faire d’abord : «s’oublier soi-même».
Pour les grands leaders, le fait d’ajouter de la valeur aux autres est une tache très importante et occupe une place primordiale dans leur agenda quotidien. Ils ont compris que l’héritage ultime d’un leader est le nombre de leaders qu’il aura fabriqués.
John Maxwell dit que nous avons, tous, tendance à devenir ce que la personne la plus importante dans notre vie croit que nous deviendrons. Pensez à ce qu’il y a de mieux, croyez en ce qu’il y a de mieux et faites ressortir ce qu’il y a de mieux chez les autres. Avoir l’habitude d’encourager les gens vous rend plus attirant mais vous contribuez aussi à leur croissance personnelle.
Etre un bon causeur, comme disait John Maxwell, «les leaders sont de bons communicateurs»
Gilbert Amelio rappelait à qui voulait l’entendre qu’il est absolument essentiel  de développer d’excellents dons de communication pour acquérir un leadership efficace. Le leader doit être capable de partager ses connaissances et ses idées afin de transmettre, aux autres, son enthousiasme. Si un leader ne parvient pas à faire comprendre clairement un message et à motiver d’autres personnes à y donner suite, le fait même d’avoir un message à transmettre perd alors toute son importance.
Vous pouvez avoir toutes les bonnes idées du monde mais si vous ne savez pas les communiquer, les transmettre à l’autre, ça sera compliqué d’avoir l’adhésion et l’implication des gens.
Un leader efficace et charismatique, c’est celui qui sait prendre des choses complexes et les rendre toutes simples pour une bonne compréhension de tous. Les messages délivrés par les plus grands respectent trois critères importants :
  • Un message simple dans un langage simple ;
  • Ne pas parler pour impressionner : quand on délivre un message, notre attention doit être portée sur notre auditoire et non pas sur nous. Nous devons utiliser des mots simples et faire des phrases peu complexes ;
  • Ils délivrent aussi un message crédible, ils croient en ce qu’ils disent, ils le vibrent et une fois qu’ils le disent, ils passent à l’action.
La réussite de notre vie de couple, de nos relations personnelles et professionnelles, de notre business, bref de tout ce que nous entreprenons passe par la maitrise de l’art de communiquer. Et c’est bien normal parce que personne ne veut suivre quelqu’un qui ne sait pas où il veut aller.

Et il n’y a aucun secret, pour maitriser l’art de communiquer, il faut de la pratique. Si vous voulez être un bon communicateur, efforcez-vous, autant que faire se peut de parler.
Mame Cafa SALL
Coach & Auteure de 3 livres en leadership
Directrice associée H&C Sénégal

mardi 28 juin 2016

12 règles pour réussir la prise de parole en public

C’est certainement le plus gros défi que les cadres d’entreprise et les hommes d’affaires ont à relever. Que ce soit au cours d’une réunion d’évaluation, lors de la présentation de rapport, au cours d’une cérémonie officielle, lors d’une présentation de produit ou autre instance, nous sommes de plus en plus appelés à prendre la parole en public. Et cela devient simple lorsque nous savons appliquer quelques règles aussi bien pour le travail que nous avons à faire sur nous-mêmes que la préparation de nos prises de parole en public, les autosuggestions nécessaires pour renforcer la confiance en soi et développer l’aisance. En voici les 12 règles les plus déterminantes.

  1. La prise de parole en public n’est pas une question d’éloquence mais de personnalité. Travaillez votre personnalité et vous réussirez davantage vos prises de parole en public.
Lorsque les gens me sollicitent pour les coacher à réussir leur prise de parole en public, je commence toujours par leur dire qu’ils savent bien prendre la parole en public. Et lorsqu’ils me disent qu’ils sont timides de nature ou qu’ils n’ont pas confiance en eux, je leur dis aussi que personne n’est timide face à des gens à qui il est habitué. Il suffit de s’entrainer et de s’habituer à prendre la parole en public et la timidité s’en va progressivement. Ensuite je leur propose de travailler à améliorer leur personnalité et une fois que leur personnalité est améliorée, le reste devient facile. La vérité, c’est que lorsque je finis de travailler sur leur personnalité, ils commencent progressivement à développer l’aisance. Nicolas Sarkosy est tout aussi éloquent que Barack Obama. Mais la différence entre leurs personnalités respectives impose les bases de l’efficacité de l’un ou de l’autre face à son public.
Si vous voulez améliorer l’efficacité de vos prises de parole en public, améliorez votre personnalité parce qu’une personne méprisante ou coléreuse ne peut pas réussir ses prises de parole en public même s’il est éloquent et confiant. Faites-vous coacher pour améliorer votre personnalité et la confiance en soi suivra.
  1. Il est moins important de réussir sa prestation que d’avoir de l’impact. Alors n’oubliez pas l’objectif pour lequel vous prenez la parole. Il est plus important que votre prestation
Un jour alors que j’avais fait un passage télé pour annoncer un évènement, à peine sorti du studio, je reçus l’appel d’un ami qui tenait à me féliciter pour « ma brillante prestation ». J’acceptai ses félicitations mais pour m’assurer que j’ai eu de l’impact, je lui demandai ce qu’il pensait de l’évènement que nous organisions. Il me demanda : « Quel évènement ? ». En réalité, il  n’a pas retenu grande chose…
Je puis dire que c’est devenu facile pour moi maintenant de prendre aisément la parole en public et pour vous dire la vérité, je n’ai jamais travaillé sur l’aisance et je ne me pose pas la question de savoir si je suis à l’aise. La question qui me taraude le plus est celle-ci : Comment FAIRE pour avoir de l’impact et obtenir les résultats poursuivis par ma prise de parole en public ? Beaucoup de candidats aux élections présidentielles, municipales et législatives ont été souvent distraits par l’engouement que suscitent leurs différents passages sans se demander si au fond ils sont en train d’avoir l’adhésion du public.
  1. L’aisance n’est pas une fin en soi. Même si vous tremblez, assurez-vous de toucher le cœur du public en reprenant votre faux pas à votre compte
Les deux plus grandes peurs au monde restent les deux plus grandes peurs au monde : 1) La peur de prendre la parole en public et 2) La peur de tomber et mourir pendant sa prise de parole en public. Il est normal que chaque fois que nous prenons la parole que nous fassions attention à si nous sommes à notre confort. Personne ne veut trébucher en prenant la parole en public et naturellement personne ne veut tomber et mourir en prenant la parole en public. Il est normal que nous nous focalisions sur le fait d’être à l’aise nous-mêmes. Mais en fait, le but est de mettre le public à l’aise, de se connecter avec lui, de l’entendre vous dire qu’elle est bien avec nous malgré notre vulnérabilité.
Je me rappelle un de ces jours où je devrais animer une formation en anglais alors que je m’étais préparé pour la dérouler en français. Je tremblais, je commettais des fautes…Les amis qui étaient dans l’auditoire me montraient de leurs regards qu’ils étaient avec moi. J’ai tout transformé en humour et je leur demandais de me donner le mot équivalent en anglais lorsque je me perdais ou avais des trous d mémoire…Et lorsque c’était possible, je parlais le Fongbé, le mina. Je faisais rire tout le monde. Alors que je me débattais pour passer d’une langue à l’autre pendant que je m’efforçais de passer mon message, ce fut à mon actif puisque la plupart des gens étaient impressionnés par combien je pouvais passer d’une langue à l’autre avec « autant de facilité ». Je tremblais, j’avais chaud mais le public était connecté – et c’était la chose la plus importante.
  1. Contrairement à ce que la plupart des gens se disent, tous les publics aiment entendre des histoires personnelles. Débutez par une anecdote, votre histoire personnelle très émouvante.
L’une des meilleures façons de vendre aujourd’hui aux Etats-Unis, aussi bien pour collecter des dons, vendre ses services ou encore trouver des investisseurs, ou sensibiliser sur des décisions politiques à prendre, c’est de raconter sa propre histoire ou une histoire personnellement vécue. Nous avons été forgés pour ne pas parler de nous et chercher à parler des autres mais tout le monde aime les histoires émouvantes personnelles.
Naturellement, les gens ne veulent pas vous entendre dire tout ce que vous avez réalisé. Ils veulent que vous leur racontiez de la manière la plus authentique et émouvante possible ce que vous avez vécu…En vous entendant parler de tout ce que vous avez vécu, ils se diront : « Ah ouais, il a pu subir tout cela ? » ou encore « La même chose m’est arrivée…J’aurais pu tenir comme lui »…C’est facile d’être le héro des gens au 21è siècle pour peu qu’ils se retrouvent en vous…Cela suppose que vous acceptiez vous laisser découvrir et leur montriez ensuite comment vous avez fait pour tout surmonter. Pleurez si vous voulez…La vulnérabilité est plus efficace en prise de parole en public que l’aisance arrogante…
  1. Les gens ont horreur des donneurs de leçons, mieux ils connaissent ou finiront par découvrir votre vraie histoire au cas où vous essaieriez de la cacher. Alors soyez authentique et pratiquez l’autodérision.
Comme vu plus haut, la vulnérabilité est plus efficace en prise de parole en public que l’aisance arrogante….Pourquoi ? Parce ce que ce n’est pas de vous qu’il est question. Les gens ne supportent surtout pas ceux qui se prennent trop au sérieux…Ils n’aiment surtout pas les gens qui veulent leur montrer qu’ils ne connaissent rien…Ils ont encore plus horreur de ceux qui viennent étaler leurs réalisations ou diplômes…j’ai ceci, j’ai cela…j’ai même été à…
Comme le dit la règle : « Si vous n’êtes pas prêt à parler de vos failles, ne parlez pas de vos exploits ». La simplicité, l’utilisation des questions, le regard bienveillant porté sur le public, la recherche des similitudes d’avec lui, le fait de parler avec compassion et inclusion sincère des choses qui le concernent est l’autre méthode pour montrer aux gens qu’on n’est pas « tout », qu’on ne connait pas « tout » et qu’on a à apprendre d’eux. A quoi sert tout le reste, votre contact ou votre rencontre si ce que les gens sont, font et ont n’a aucune valeur pour nous ? Réussir sa prise de parole en public, c’est savoir s’ouvrir pour s’intéresser aux autres aussi bien qu’on se sait intéressant. Même si vous savez tout, montrez aux gens que vous voulez apprendre d’eux.
  1. Si votre prise de parole n’est qu’une formalité, sachez que les gens sont pressés que vous la remplissiez et partiezMontrez aux gens que vous voulez faire partie de leur contexte et de leur circonstance
Pour montrer clairement que vous voulez être très catastrophique dans votre prise de parole, lisez votre texte et partez sans jamais lever la tête pour regarder les gens. Lisez votre texte de A à Z sans jamais jeter un regard sur le public pour lui laisser entendre que vous êtes d’abord là pour lui et non pour accomplir une formalité et ils seront pressés que vous dégagiez afin que les choses sérieuses commencent. La règle est simple : si les gens sont en fête ou se préparent à la fête, montrez-vous que vous êtes bien de la fête vous aussi. S’ils sont émus par quelque nouvelle lourde, montrez-leur que vous portez le poids avec eux et que vous êtes de cœur avec eux. S’ils ont des besoins, montrez-leur avec compassion que vous comprenez leurs besoins et citez-les avec présence.
Et si vous savez que vous n’avez pas toujours été à la hauteur des attentes, sachez prononcer des phrases historiques comme celle qu’a pu prononcer le feu Président Omar Bongo Ondimba : « Dieu ne nous a pas donné le droit de faire du Gabon, ce que nous sommes en train de faire ». Et pour le dire, il a su laisser tomber le beau discours écrit. Cette phrase est restée dans le cœur des gabonais ou tout au moins la mémoire des gabonais. Pour toucher les cœurs, il faut savoir parler du fond de son cœur.  Comme on a pu le dire un jour une brillante cadre de la BICICI alors que nous animions pour eux un coaching de groupe sur les secrets de prise de parole en public : « Il faut savoir porter son discours dans son cœur et non dans sa tête ».
  1. Le message que vous voulez passer n’est pas aussi important que le message que les gens veulent entendre. Pratiquez la loi des « 2A » pour optimiser l’impact sur votre auditoire
John C. Maxwell l’appelle la loi de la connexion. Les leaders touchent le cœur avant de commander les bras. Lorsque nous avons l’opportunité d’avoir un public en face de nous, nous sommes pressés de leur délivrer le message que nous avons, le message qui nous préoccupe et que nous sommes pressés de les voir entendre mais les grands présentateurs ne procèdent pas ainsi. Ils savent que pour avoir l’adhésion des gens, il faut leur dire ce qu’ils veulent entendre avant de leur dire ce qu’ils doivent entendre. Le style utilisé par les grands leaders qui savent mobiliser les cœurs et les têtes s’apparentent à ce qui suit :
« Savoir que des gens aussi braves et aussi engagés que vous sont avec moi et me soutiennent chaque jour – chacun apportant une contribution déterminante à notre succès commun- est quelque chose qui me touche énormément. Au début du trimestre écoulé, je vous avais dit combien j’avais besoin que nous redoublions d’effort pour combler notre déficit et vous avez été là pour moi et avec moi ; ce qui  nous a permis de relever le défi ensemble. Des efforts significatifs restent à faire pour pallier au plus vite au recul de nos performances. Je suis heureux de savoir que vous allez être avec moi à nouveau. Nous allons devoir subir quelques coupes– des coupes difficiles à accepter déjà pour moi-même…Et je sais combien ce sera difficile pour nous tous, vos familles, nos familles. La seule chose qui me permet de regarder les prochains mois avec foi et grande espérance, c’est que j’ai des gens comme vous avec moi…Je voulais juste m’assurer de ce que vous allez être avec moi…et que nous allons pouvoir relever le défi ensemble….
  1. Même aux obsèques, les gens s’attendent à ce qu’une petite dose d’humour leur soit servie. N’oubliez pas de faire rire…quelle que soit la circonstance.
J’étais en train d’animer un séminaire sur la prise de parole en public pour les experts comptables et auditeurs à Dakar et la question était de savoir si l’on pouvait utiliser l’humour lorsqu’on doit présenter des rapports devant un Conseil d’Administration. J’ai commencé par dire que la réputation que les auditeurs et les experts comptables ont pour être des gens trop solennels devrait se servir du sens de l’humour pour décomplexer un peu l’ambiance. Ensuite je leur ai demandé d’observer les administrateurs la prochaine fois qu’ils arrivent à un Conseil d’Administration. Ils constateront qu’ils sont pleins de sens de l’humour et que les commissaires aux comptes sont les seuls à être drôlement trop sérieux et trop pressés de démarrer leur présentation…Après des échanges, nous avons retenu qu’il était bien possible pour eux de démarrer par une anecdote, d’utiliser l’ironie…de raconter une petite histoire et de faire ensuite la transition… Entrainez-vous à l’humour parce que les interventions meilleures sont ponctuées de rire
  1. La question la plus importante lorsque vous faites une présentation, c’est de vous demander si les gens suivraient s’ils avaient une copie de votre présentationDe ce fait si vous avez une présentation Powerpoint, ne la lisez pas
Sans doute qu’il faut porter son discours du fond de son cœur et non dans sa tête. Hier pour animer une conférence, vous pouviez vous permettre de présenter un bel exposé écrit et venir le lire devant les gens. Comme c’était ennuyeux quelles que soient les belles tournures. Aujourd’hui, nous avons la possibilité d’utiliser des présentations PowerPoint. Et chose normale, les gens s’attendent à ce que nous ayons une conversation avec eux et non avec les diapositives. Ils veulent que nous nous tournions vers eux et non vers les diapositives. Et mieux, ils s’attendent à ce que nous ne lisions pas sur l’écran ce qu’ils peuvent bien lire eux-mêmes surtout lorsqu’ils voient qu’ils peuvent mieux le lire et mieux l’expliquer que nous. Utilisez des images, des illustrations, des graphes que vous allez expliquer, des puces pour résumer quelques points clés. Appliquez la règle des 30 X 6 c’est-à-dire la taille de police 30 pour les mots et 6 mots maximum par ligne…
  1. Pour mieux contribuer à l’opportunité que vous offrez de réfléchir et ingurgiter votre message, posez des questions qui amènent les gens à réfléchir par eux-mêmesPratiquez l’art des questions
Autant nous ne pouvons pas nous permettre de nous poser en donneurs de leçon, autant nous devons laisser clairement entendre aux gens que leur contribution est importante. Si c’est une formation que vous animez, posez des questions et lancez un débat pour faire réfléchir et contribuer votre auditoire. Si vous faites un discours, vous pouvez toujours faire réfléchir le public pour l’engager davantage comme Obama l’a fait dans son discours historique à la Convention du Parti Démocrate en 2004. Il a lancé une série de questions qui a réveillé le public…Sachant que « amener les gens à prendre conscience » est l’un des objectifs majeurs d’une communication, le fait de poser des questions reste la meilleure façon de faire prendre conscience parce que les questions amènent les gens à analyser la situation et à voir clairement les contradictions par eux-mêmes. Exemple : « Allons-nous laisser cette situation perdurer ? Pouvons-nous nous permettre de rester là les bras croisés et laisser l’histoire retenir que nous avons été des complices passifs ? Quelle réponse donnerons-nous à nos enfants lorsqu’ils nous demanderont : « Qu’aviez-vous fait pour éviter ce qui est arrivé ? ».
  1. Les gens veulent apprendre quelque chose de nouveau ou de marquant lorsqu’ils vous écoutent.N’oubliez pas de faire retenir l’essentiel de votre intervention
Quelle quoi soit notre éloquence, quelle que soit la quantité et même la quantité des informations pertinentes que nous aurons transmises, les gens doivent savoir l’essentiel qu’ils doivent retenir. Si vous réécoutez le discours historiquement intitulé « I have a dream » de Martin Luther King, vous remarquerez qu’il voulait vraiment que les gens retiennent au-delà des frustrations qu’il pouvait décrire que le rêve d’un espoir est possible. Il a su utiliser la répétition pour y arriver. Et c’est l’essentiel que son auditoire et l’histoire ont pu retenir. Lorsque vous prenez la parole, assurez-vous de l’essentiel que les gens doivent retenir. On appelle cela la méthode des 140 caractères de Twitter. C’est cette méthode que les fondateurs de Google ont utilisée pour lever des fonds et financer leur entreprise à ses débuts. Lorsque les investisseurs leur ont demandé ce que faisait Google, ils ont répondu : « Google donne accès à l’information mondiale en un clic ». N’oubliez pas l’essentiel à retenir donc lorsque vous prenez la parole en public.
  1. La pire erreur que vous puissiez commettre lorsque voulez renforcer votre capacité de prise de parole en public, c’est de fuir les opportunités de prise de parole en public. Appliquez la règle de l’exorcisme par la pratique : « Multiplication des opportunités de prise de parole + Entrainements »
Une fois que vous aurez démarré un processus pour travailler votre personnalité (un programme de coaching sera nécessaire certainement), une fois que vous vous êtes préparé à passer les 11 étapes précédentes, la seule chose qu’il vous restera à faire pour devenir un as de la prise de parole en public, c’est de multiplier les occasions que vous avez de prendre la parole en public. Et avant d’aller saisir chaque opportunité, entrainez-vous et familiarisez-vous avec vos présentations ou messages jusqu’à pouvoir transformer votre prise de parole en public en une conversation naturelle. Entrainez-vous devant un miroir. Filmez-vous, enregistrez-vous et écoutez ensuite. Corrigez-vous, demandez l’aide d’un coach professionnel si possible pour vous encadrer, vous transformer et vous relooker. Multipliez les opportunités de prise de parole et entrainez-vous à fond pour les saisir aisément et efficacement.
Par Hermann H. CAKPO
Coach, auteur et co-fondateur The H&C Group

mardi 21 juin 2016

JVE Niger à la première session de formation du Centre Régional de Leadership YALI Dakar

Ils sont 100 jeunes leaders venus de 11 pays d’Afrique francophones pour participer à la toute première session de formation du CRL de Dakar dans le cadre du programme YALI qui se tient actuellement à Dakar depuis le 28 Mai jusqu’au 2 juillet 2016. Ils sont 5 nigériens à faire partir de cette cohorte parmi lesquels le Responsable de Projets de JVE Niger Mr Mahamadou Awal qui participe au programme de Civic Leadership. 
Ce programme est orienté vers ceux qui sont ou aspirent à être civiquement engagés et à être au service du public par le biais d'organisations non gouvernementales, d'organisations communautaires, ou par le bénévolat. Il familiarise les participants à la signification du leadership civique, tout en renforçant leurs capacités techniques et de leadership dans des domaines tels que la citoyenneté, le renforcement de la communauté, le développement économique, le militantisme à la base, la mobilisation politique et de leadership, et le bénévolat. Les sous-thèmes tels que la gestion de l'organisation, la planification stratégique, la collecte de fonds, les relations communautaires et la sensibilisation, le plaidoyer, le suivi et l'évaluation, les médias et la création de coalitions peuvent également être explorés en fonction des besoins et des désirs des participants.